Comprendre › Chirurgie réfractive
Myopie, astigmatisme, hypermétropie : LASIK, PKR et SMILE
Rédigé par le Dr Philippe Binisti · relu en octobre 2026
Trois techniques laser corrigent aujourd'hui la myopie et l'astigmatisme ; deux d'entre elles traitent aussi couramment l'hypermétropie. Toutes modifient la courbure de la cornée, la lentille transparente située à l'avant de l'œil. Elles diffèrent par le chemin qu'on prend pour l'atteindre. En pratique, la différence se sent surtout les premiers jours.
Le principe commun
Un œil myope voit flou de loin parce que son système optique est trop puissant. L'hypermétrope, c'est l'inverse. Chez l'astigmate, la cornée est plus bombée dans un sens que dans l'autre, un peu comme le dos d'une cuillère.
Le laser retire une très fine épaisseur de tissu cornéen, calculée au micron près, pour redonner à la cornée un profil qui ramène l'image nette sur la rétine. Deux lasers se partagent le travail. L'excimer enlève le tissu ; le femtoseconde, lui, sert à découper, le volet du LASIK ou le lenticule du SMILE.
Le LASIK
Le laser femtoseconde trace d'abord un fin volet à la surface de la cornée. On le soulève, l'excimer travaille en dessous, puis le volet est remis en place. Il adhère seul, sans points.
Elle traite les trois défauts, myopie, astigmatisme et hypermétropie. La vision est souvent nette dès le lendemain, et la gêne se résume en général à quelques heures de picotements. Le revers, c'est le volet. Il reste, toute la vie, moins solidement attaché que le reste de la cornée, et un choc violent peut le déplacer. C'est rare, et cela se répare.
La PKR (photokératectomie réfractive)
Ici, pas de volet. On retire la fine peau qui recouvre la cornée (l'épithélium), le laser agit directement en surface, et l'on pose une lentille-pansement pour quelques jours, le temps que cette peau repousse.
Disons-le simplement : les deux ou trois premiers jours sont pénibles. Brûlures, larmes, envie de rester dans le noir. La vue revient en une semaine environ et continue de s'affiner pendant plusieurs semaines. En échange, la cornée garde toute sa résistance. On la choisit volontiers pour une cornée un peu fine, une petite correction, ou chez un amateur de boxe ou de rugby.
Le SMILE
Le laser femtoseconde dessine, dans l'épaisseur de la cornée, une minuscule lentille de tissu (un lenticule). Le chirurgien l'extrait par une incision de quelques millimètres. Il n'y a ni volet ni surface grattée.
Le SMILE traite la myopie et l'astigmatisme qui l'accompagne. Pour l'hypermétropie, le recul est encore limité et nous restons, en pratique, sur le LASIK. Les suites ressemblent à celles du LASIK, avec parfois une vision un peu moins nette les tout premiers jours. La sécheresse des premiers mois serait un peu moindre ; la différence n'a rien de spectaculaire.
Au cabinet, les interventions réalisées sur place sont le LASIK et la PKR. Le SMILE demande un laser qui lui est propre ; si votre cornée et votre correction s'y prêtent, nous en parlons au bilan.
Pour qui ?
Pour un adulte dont la correction ne bouge plus depuis un an ou deux, qui a une cornée saine et assez épaisse, et que ses lunettes ou ses lentilles gênent au quotidien. Le bilan préopératoire tranche, et il lui arrive de dire non. Nous le détaillons dans l'article consacré au bilan, qui se programme sur la page rendez-vous.
Au-delà de huit à dix dioptries de myopie environ, ou si la cornée est trop fine, le laser n'est plus raisonnable. On parle alors d'implant phaque. Passé 45 ans, la presbytie entre dans le calcul et change souvent la stratégie (voir ce que la chirurgie peut faire pour la presbytie).
Et puis on peut très bien garder ses lunettes. L'œil que l'on opère est un œil sain ; on le fait pour le confort, et personne n'y est obligé.
Le jour de l'intervention
Vous venez accompagné, sans maquillage ni parfum. Des gouttes anesthésient l'œil, un petit écarteur maintient les paupières ouvertes, et l'on vous demande de regarder une lumière. Le laser travaille moins d'une minute par œil. On sent une pression sur l'œil. Il y a un petit cliquetis, et la lumière se brouille un moment. Cela ne fait pas mal à proprement parler, sans être une partie de plaisir ; l'équipe vous parle tout du long.
Les deux yeux sont le plus souvent traités dans la même séance. Vous repartez avec des coques et vos collyres ; quelqu'un d'autre conduit. La suite est décrite dans les premiers jours après l'intervention.
Les risques, sans détour
Les complications graves sont rares. Les désagréments sont beaucoup plus courants, et on aurait tort de les passer sous silence.
La sécheresse oculaire. Presque tout le monde a les yeux plus secs pendant quelques semaines à quelques mois, parce que l'intervention sectionne une partie des petits nerfs de la cornée. Des larmes artificielles suffisent le plus souvent ; chez ceux qui avaient déjà les yeux secs, la gêne peut durer.
Les halos la nuit. Des cercles autour des phares et des réverbères, parfois un éblouissement en voiture. Le plus souvent, cela s'atténue au fil des mois. C'est plus net quand la correction était forte et la pupille large.
Une correction imparfaite. Chaque cornée cicatrise à sa façon. Il peut rester un petit défaut, trop ou pas assez corrigé, ou une partie de la myopie peut revenir avec les années. Une retouche est alors envisageable si l'épaisseur de la cornée le permet ; elle concerne une minorité de patients.
L'ectasie. C'est la complication que tout le bilan cherche à éviter : une cornée affaiblie qui se déforme lentement, à la manière d'un kératocône. Elle est rare et survient surtout quand une fragilité existait avant l'opération sans avoir été repérée.
L'infection est exceptionnelle et se traite bien si elle est prise tôt : appelez sans attendre en cas de douleur qui augmente ou de baisse de vision (voir urgences).
La chirurgie réfractive n'est pas remboursée par l'Assurance maladie. Le tarif dépend de la technique ; il vous est remis par écrit, sous forme de devis, lors du bilan. Certaines mutuelles prévoient un forfait.
Questions fréquentes
Le résultat est-il définitif ?
La correction obtenue reste stable chez la plupart des patients. Mais l'œil continue de vieillir : la presbytie arrive vers 45 ans comme pour tout le monde, une cataracte plus tard, et une légère myopie peut réapparaître.
Comment choisir entre LASIK, PKR et SMILE ?
Cela dépend d'abord de votre cornée (son épaisseur, sa forme) et de la correction à apporter. Le métier et les loisirs comptent aussi. Il arrive que deux techniques conviennent aussi bien l'une que l'autre ; on en parle au bilan.
Est-ce que l'opération fait mal ?
Pendant l'intervention, on ressent surtout une pression. Après un LASIK ou un SMILE, quelques heures de picotements. Après une PKR, deux à trois jours vraiment inconfortables, avec un traitement contre la douleur.
Je porte des lentilles, est-ce un problème ?
Non, mais il faut les retirer quelque temps avant le bilan, car elles modifient la forme de la cornée.
Sources
- Société française d’ophtalmologie, fiche d’information sur la chirurgie réfractive cornéenne au laser (n° 9A), janvier 2026.
- Agence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé (ANAES, aujourd’hui Haute Autorité de santé), rapport sur la correction des troubles de la réfraction par laser excimer, photokératectomie réfractive et LASIK, avril 2000.
- Assurance maladie, Correction de la myopie et suivi de l’enfant myope, ameli.fr.
- Assurance maladie, Correction de l’hypermétropie et suivi de l’enfant hypermétrope, ameli.fr.
Documents consultés en novembre 2026.
Cette page explique ; elle ne remplace pas l'examen. Chaque œil est différent, et la décision se prend en consultation.